Les Dimanches Latte

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crystal ball with toy animal on top

Quelque part sur cette Terre, le 7 juin 2026 – Les prédateurs, les proies… et mon oie pacifiste

Il y a quelque chose de profondément suspect chez moi.

Je vis avec des chiens, des chats, une oie, des poules et une tortue. Normalement, selon tous les documentaires animaliers narrés par une voix grave anglaise, mon jardin devrait ressembler à une scène supprimée de Jurassic Park. Du sang. Des plumes. Une tortue traumatisée dans un coin. Mais non. Tout le monde cohabite. Les chiens dorment près des poules. Les chats ignorent les poussins avec un mépris aristocratique. L’oie règne comme une directrice d’école primaire sous anxiolytiques. Et la tortue… honnêtement, elle juge tout le monde en silence depuis la Préhistoire.

Alors forcément, je me pose des questions. Est-ce que je suis une sorcière verte ? Pas la version TikTok avec des champignons séchés dans des pots Ikea et des vidéos au ralenti sur une musique celtique. Non. Une vraie vieille sorcière des bois. Celles qui comprennent les animaux mieux que les humains et qui sentent vaguement le romarin et la fatigue émotionnelle.

Parce qu’à la base, biologiquement parlant, tout le monde devrait manger tout le monde. Le chien chasse. Le chat tue par hobby. L’oie attaque tout ce qui respire. La poule est un mini vélociraptor sous couverture gouvernementale. Et pourtant… ici, c’est une colocation improbable où chacun semble avoir signé un pacte de non-agression.

Pourquoi ?

Je commence à croire que ce n’est pas eux. C’est moi. Oui, je sais. Ça fait très « élue de la forêt ». Mais objectivement, il faut quand même reconnaître certains faits troublants. Quand je suis au milieu des animaux, l’équilibre existe. Quand je suis au milieu des humains… eh bien… comment dire…

Deux divorces. DEUX. À ce stade, ce n’est plus une erreur de parcours, c’est une étude comportementale.

Avec les animaux, tout est clair. Le dominant protège. Le faible s’adapte. Le territoire se respecte. Les limites sont simples. Personne ne manipule une poule pendant six mois pour ensuite lui dire : « Je pense qu’on devrait voir d’autres basses-cours. » Un chien ne te fait pas croire que tu es « trop intense » parce que tu as des émotions. Une tortue ne disparaît pas pendant trois jours pour « faire le point ». Une oie ne t’envoie pas de messages contradictoires à 23 h 47.

Les animaux ne mentent pas sur leur nature. Le prédateur chasse. La proie fuit. Point. Mais chez l’humain… ah. Le prédateur se déguise en victime. La victime s’excuse d’exister. Et tout le monde appelle ça « la complexité émotionnelle ». Magnifique invention.

Dans mon jardin, chacun connaît sa place sans humiliations, sans domination toxique, sans jeux psychologiques. Même les disputes ont une logique. L’oie menace. Le chien soupire. Le chat s’en fout. Fin du conflit. Chez les humains, une conversation sur le choix du restaurant peut devenir un épisode de Narcos.

Alors oui, parfois je me demande : Est-ce que je suis ce pilier invisible qui apaise les instincts ? Une espèce d’alpha involontaire ? Pas l’alpha masculin podcast crypto-testostérone là. Non. L’alpha silencieux. Celui qui crée un espace suffisamment sécuritaire pour que personne n’ait besoin de devenir un monstre. Parce qu’en réalité, les animaux ne cherchent pas le chaos. Ils cherchent l’équilibre. Et peut-être que nous aussi. Sauf que les humains ont inventé l’ego, les faux-semblants, WhatsApp et les phrases qui commencent par : « Je suis quelqu’un de très honnête. » Ce qui est généralement le signal de fuite officiel de l’univers.

Finalement, mes animaux m’apprennent peut-être quelque chose d’important : Le vrai pouvoir n’est pas de dominer. C’est de rendre la violence inutile. Et honnêtement ? Vu mes résultats conjugaux, je vais peut-être continuer à faire confiance à ma tortue.

À dimanche prochain, autour d’un latte… et d’un peu plus de vérité. xoxo