Les Dimanches Latte

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anonymous lady stacking carton boxes after relocation

Quelque part à Laval, le 29 mars 2026 – Partir, encore. (Oui, volontairement.)

Et si je partais… Encore?

À ce stade, ce n’est plus une décision, c’est un hobby. Certains font du yoga, d’autres collectionnent les vinyles. Moi, je déménage. Je déménage assez souvent pour avoir une relation stable avec les cartons. Et assez pour reconnaître une illusion avant même d’avoir accroché les cadres.

Je pense sincèrement que, dans une autre vie, j’étais agente immobilière. Ou nomade professionnelle. Ou peut-être simplement quelqu’un qui refuse profondément de moisir dans une situation qui ne lui ressemble plus. Parce que partir, ce n’est pas fuir. C’est refuser de s’installer dans le à-peu-près.

J’aime ce moment où tout redevient possible. Les murs encore inconnus, les cafés à apprivoiser, les trajets à réinventer. Et puis il y a la route. Les départs un peu absurdes où ta vie tient dans une voiture, où tu traverses des pays avec pour seule certitude que tu vas avancer. Changer de pays par la route, c’est grisant. Brut. Incontrôlable. Exactement comme je les aime.

Et au milieu de tout ça, il y a eux. Mes animaux. Ceux qui me suivent coûte que coûte, toujours. Parce qu’on n’adopte pas pour une vie confortable, on adopte pour une vie meilleure: la leur, la mienne, ensemble. Je déménage, oui. Je change de décor, de rythme, de latitude. Mais je ne change pas d’engagement. D’ailleurs, ils sont infiniment plus zen quand ils me voient m’activer autour de cartons que d’une valise. Les cartons, ça veut dire qu’ils viennent. La valise, ça veut dire chenil. Et ça, ils l’ont parfaitement compris.

Il y a aussi les promesses. Les fameuses. Ces phrases bien emballées: « Tu verras, ton rôle va évoluer », « On a une vision pour toi », « On va construire quelque chose de grand ». Flash news : souvent, on construit surtout ma patience (qui je le rappelle, ne fait pas vraiment partie de mes qualités premières) . Et moi, j’ai une relation très courte avec les promesses non tenues. Comme avec les mauvais vins : je goûte, je grimace, je repose. Je ne suis pas difficile. Je suis précise. Quand on me vend une trajectoire et qu’on me livre un rond-point, je reprends le volant.

Je sais pourtant qu’un jour, je resterai. Le jour où tout sera aligné. Le jour où l’énergie sera fluide. Le jour où je n’aurai plus besoin de me convaincre que « ça va le faire ». Ce jour-là, je poserai mes valises, pas parce que j’aurai renoncé au mouvement, mais parce que je n’aurai plus besoin de partir.

En attendant, je ne bouge pas. Pas encore. Mais disons que… je reconnais très bien une porte de sortie.

Et vous, vous faites quoi, quand la route vous appelle ?

À dimanche prochain, autour d’un latte… et d’un peu plus de vérité.