Les Dimanches Latte

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two lollipops with a tag that says love you

Quelque part à Montréal, le 15 février 2026 – Saint-Valentin : non merci. L’amour mérite mieux qu’une date sur un calendrier.

Je vais être franche : la Saint-Valentin me donne de l’urticaire. Pas l’amour, jamais l’amour, mais la mise en scène. Cette idée profondément enracinée qu’il faudrait une seule journée par an pour mettre l’élu·e de son cœur sur un piédestal, acheter des fleurs hors de prix, publier une photo calibrée pour les réseaux sociaux et proclamer, la main sur le cœur, « tu es l’amour de ma vie », avant de reprendre le cours normal des choses dès le 15 février : café froid, silences pesants, absences bien installées, indifférence polie.

Soyons honnêtes. Est-ce qu’on est réellement censés avaler l’idée qu’un bouquet acheté à la dernière minute et une boîte de chocolats hors de prix auraient le pouvoir de blanchir une année entière de comportements douteux ? Qu’un 14 février bien emballé, ruban rouge et sourire de circonstance, suffirait à faire oublier les silences lourds, les paroles blessantes, les colères, les peurs, les excuses répétées ? Depuis quand l’amour fonctionne-t-il par amnistie annuelle ? Depuis quand la violence, le contrôle ou le mépris deviennent-ils acceptables parce qu’ils sont suivis d’un cœur en carton et d’un « je t’aime » récité comme une formule magique ?

Un homme violent qui offre des chocolats le 14 février n’est pas romantique. Il est stratégique. Ce n’est pas de l’amour qu’il distribue, mais un écran de fumée, une tentative maladroite de faire taire ce qui dérange, d’acheter le pardon à coups de sucre et de fleurs. Flash news : ce n’est pas le chocolat, le problème. Le problème, c’est tout ce qui se passe les autres jours de l’année, et ça, aucune boîte en forme de cœur ne pourra jamais le dissimuler.

Parce que l’amour, le vrai, celui qui tient debout, ne se concentre pas sur une seule journée. Il se vit dans la répétition, dans la cohérence, dans ces petits gestes qui n’ont rien de spectaculaire mais tout de sincère : un mot doux griffonné à la va-vite, un café préparé sans qu’on le demande, un « repose-toi, je m’en occupe » quand l’autre est à bout de souffle, un petit déjeuner au lit un mardi matin sans raison particulière, une rose parfois (ou aucune) mais une présence réelle.

L’amour n’est pas un événement annuel, c’est une posture quotidienne. Alors oui, à la rigueur, ne rien faire le 14 février. Ou mieux encore : faire comme le reste de l’année. Être attentif, respectueux, doux. Parce que l’amour n’a pas besoin de ballons rouges ni de chandelles parfumées pour exister. Il a besoin de constance, de sécurité, de vérité. Et si ça dérange, tant mieux. L’amour n’a jamais été censé être confortable, mais il devrait toujours être sincère.

À dimanche prochain, autour d’un latte… et d’un peu plus de vérité ☕🖤