Quelque part à la maison, le 11 janvier 2025. Est-ce qu’on trouve l’amour… ou est-ce l’amour qui nous trouve ?
C’est une question que l’on se pose souvent, parfois à voix haute, parfois dans le silence des fins de journée. Cherche-t-on l’amour comme on chercherait une destination, une personne précise, un idéal bien défini ? Ou bien est-ce l’amour qui surgit sans prévenir, quand on a cessé de le traquer ? La science, étonnamment, ne parle ni de hasard pur ni de magie. Elle parle de mécanismes très concrets : nous sommes attirés par ce qui nous est familier, par des schémas émotionnels déjà inscrits en nous, par des personnes qui correspondent à notre disponibilité affective du moment. Autrement dit, on ne rencontre pas “le bon” ou “la bonne” quand on n’est pas prêt à la voir. L’amour ne se trouve donc pas comme un objet perdu, mais il ne nous tombe pas dessus par miracle non plus. Il apparaît souvent quand quelque chose, en nous, a déjà commencé à s’aligner.
Les témoignages vont pourtant dans un sens presque contradictoire. Combien de fois entend-on : « Je ne cherchais plus », « Je n’y croyais plus », « J’avais abandonné » ? Et pourtant, c’est là que tout commence. Ce paradoxe est troublant : c’est souvent quand on lâche l’idée de trouver l’amour que l’amour trouve une place. Comme si la quête obsessionnelle fermait une porte que le lâcher-prise, lui, entrouvre doucement.
Et puis il y a cette autre idée, profondément ancrée dans l’imaginaire collectif : celle de l’âme sœur. Cette croyance qu’il existerait quelque part une seule personne, parfaitement ajustée à nous, et que tout le reste ne serait que des approximations. Psychologiquement, cette idée est à double tranchant. Elle nourrit l’espoir, mais elle alimente aussi une recherche infinie de l’homme idéal, celui qui cocherait toutes les cases, celui qui réparerait, comprendrait, comblerait. Or, les recherches montrent que ce ne sont pas les couples qui se « trouvent parfaits » qui durent, mais ceux qui se construisent. Peut-être que l’âme sœur n’est pas quelqu’un que l’on trouve, mais quelqu’un que l’on devient… ensemble.
Il y a des années, je suis allée voir une voyante. Elle m’a parlé d’une vie antérieure, où j’aurais été la plus heureuse des femmes, vivant sur une terre australienne avec un homme merveilleux. Une vie simple, enracinée, aimante. Selon elle, je passerais cette vie-ci à tenter inconsciemment de recréer ce bonheur-là. On peut y croire ou non, mais une chose est sûre : certaines histoires nous collent à la peau parce qu’elles disent quelque chose de vrai, au moins symboliquement. Alors une question s’impose, presque malgré moi : pourquoi ne suis-je jamais allée en Australie ? Ce n’est pourtant pas le voyage qui me freine. Serait-ce la peur de ne rien y trouver ? Ou pire encore, la peur d’y confirmer qu’il n’y a rien à retrouver ?
Parfois, on évite certains lieux, certaines personnes, certaines histoires, non pas parce qu’elles sont loin, mais parce qu’elles nous renvoient à une promesse trop grande. Peut-être que l’amour n’est ni quelque chose que l’on cherche, ni quelque chose qui nous tombe dessus. Peut-être est-il un rendez-vous entre ce que nous avons été, ce que nous croyons mériter, et ce que nous sommes enfin prêts à accueillir. Et peut-être que ce que l’on appelle l’âme sœur n’est pas l’homme idéal, mais celui devant qui l’on cesse, enfin, de se protéger.
À dimanche prochain, autour d’un latte… et d’un peu plus de vérité. ☕
