Les Dimanches Latte

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Quelque part à Montréal, le 9 novembre 2025 – Entre amour, manque et dépendance

Il y a des couples qui s’aiment à s’en brûler. Le genre de lien qu’on regarde de loin en se disant eux, rien ne pourra les casser. Ils se disputent fort, s’aiment plus fort encore, comme si la passion les immunisait contre la lassitude. Parfois, ça marche. Parfois, ça brûle tout sur son passage.

Et puis il y a ceux qui s’aiment sans bruit. Le couple calme, stable, mais qui, à force de trop bien s’entendre, finit par s’oublier. «Tu me manques pourtant tu es là,» comme le chante Gaétan Rousselle. C’est une phrase qu’on ne dit pas toujours à voix haute, mais qu’on ressent dans le creux du ventre. Le corps présent, l’esprit ailleurs. L’amour qui ne disparaît pas, mais qui s’endort doucement, faute d’attention.

Il y a aussi ces couples qui se déchirent, qui se détruisent même, mais qui restent ensemble. Par habitude, par peur du vide, ou parce qu’ils confondent amour et dépendance.
C’est une frontière floue, presque invisible, entre j’ai besoin de toi et je ne sais plus exister sans toi. L’un nourrit, l’autre étouffe. Mais quand on a traversé tant de choses ensemble, comment savoir quand s’arrêter ? Quand l’amour devient douleur, quand le manque devient cage, il faut du courage pour admettre qu’on s’y est perdu.

Et puis il y a ceux qui prennent une pause. Pas une rupture, juste une respiration. Ils croient vouloir se libérer, ils découvrent que l’absence pèse plus lourd que les désaccords. Ils comprennent alors que parfois, s’éloigner, c’est la seule manière de mesurer la place que l’autre prend vraiment.

Et toi, tu te reconnais où, là-dedans ?
Peut-être dans un peu de tout ça. Peut-être que tu t’es déjà vu dans plusieurs de ces histoires, à différents moments de ta vie.
Et parfois, c’est encore plus déroutant : l’un pense qu’ils s’aiment passionnément, pendant que l’autre croit qu’ils s’éloignent.
Comme si on vivait deux versions d’un même amour, sans jamais lire le même chapitre en même temps.

Moi, à part l’amour éternel, j’ai connu un peu de tout ça. Les flammes, les silences, les déchirures et les retours. Chaque fois, j’y ai laissé un morceau de moi, mais aussi un peu plus de lucidité. Parce que l’amour, sous toutes ses formes, finit toujours par nous apprendre quelque chose — sur l’autre, mais surtout sur soi.

Mais au fond, l’amour, c’est peut-être ça : apprendre à s’aimer sans se perdre, à se choisir sans se retenir, et à se retrouver sans se trahir.

À dimanche prochain, autour d’un latte… et d’un peu plus de vérité. 🤍