Quelque part à Québec, le 2 novembre – On aime se dire que le temps change les gens. Que les années arrangent, que les blessures enseignent. Mais soyons honnêtes… le temps ne change pas grand-chose. Il apprend juste à mieux dissimuler nos imperfections, nos biais. En fait, Les gens apprennent à sourire là où, avant, ils auraient explosé. À avaler les mots qui dépassent, à emballer leur colère dans du silence. La peur se déguise en sagesse, l’orgueil en prudence, et l’envie en compliments bien placés. Les manipulateurs deviennent « stratégiques ». Les égoïstes deviennent « centrés sur eux-mêmes ». C’est subtil, presque élégant.
Mais plus j’avance, plus je me rends compte que le changement n’est souvent qu’une illusion bien tenue. Ce n’est pas l’âme qui se métamorphose, c’est la façade qui s’affine. On appelle ça la maturité, paraît-il. Moi, j’y vois surtout une mise en scène mieux réglée. Changer pour de vrai, ce serait se déraciner, se réécrire entièrement. Mais personne ne réécrit son ADN émotionnel. On apprend juste à le composer, à l’apprivoiser, à le rendre un peu plus présentable.
Alors non, les gens ne changent pas vraiment.
À dimanche prochain, autour d’un latte… et d’un peu plus de vérité. ☕️

